Histoire du Château

L’histoire connue du château remonte à l’an 1005 Il s’agissait d’une maison forte entourée d’une douve avec deux ponts-levis, quatre tours carrées et un donjon. Construit sur des ruines burgondes, qui, elles, avaient été construites sur des restes romains, le château brûla dans les environs de l’an 1600 Profitant de la paix et de la sécurité, une partie des fortifications a été utilisée pour agrandir les parties habitables.

Ayant appartenu aux comtes de Savoie, ainsi qu’à plusieurs familles, il est passé en mains bernoises huit générations durant à la famille de Tavel, puis par mariage, en 1796, à la famille de Buren. Mes fils, Félix et Youri de Buren, représentent la septième génération à vivre au château.

Mille ans d’histoire

  • 1005Première mention de Denens, « Disnens » : une maison forte, une chapelle, des chambres et des vignes sont déjà citées. La commune a fêté ses mille ans en 2005.
  • XIᵉ siècleLa vigne est cultivée à Denens.
  • 1177L’église, dédiée à saint Lazare, est paroissiale et dépend des moines du Grand-Saint-Bernard. L’église actuelle date du XVᵉ siècle.
  • Jusqu’en 1300Denens fait partie des terres des seigneurs de Vufflens-le-Château (famille de Duin).
  • 1300Richard de Duin échange Denens contre le village de Bussy : le domaine passe à la maison de Savoie.
  • Vers 1360Le comte Amédée VI de Savoie est propriétaire du château, que la maison de Savoie transforme et fortifie. Il passe ensuite à Marguerite d’Oron.
  • 1370 – 1531La famille de Compey est seigneur de Denens.
  • XVIᵉ siècleJeanne Curnillon : ses armes, une corneille sur un mont, inspireront en 1920 le blason de la commune.
  • Vers 1600Le château brûle. Profitant de la paix et de la sécurité retrouvées, une partie des fortifications est utilisée pour agrandir les parties habitables : la maison forte devient une demeure, qui n’a presque plus changé depuis.
    Vue de la maison forte de Disnens (Denens) avant l’incendie de 1600
    Vue de la maison forte de Disnens (Denens) avant l’incendie de 1600
  • 1666Le peintre bernois Albrecht Kauw représente le château entouré de ses vignes dans une aquarelle, d’après une esquisse de Johannes Dünz.
  • Période bernoiseLa famille de Tavel possède le château pendant huit générations ; il est transformé à plusieurs reprises tout en conservant d’importantes parties de la forteresse.
    Les jardins et la façade sud au XVIIIᵉ siècle
    Les jardins et la façade sud au XVIIIᵉ siècle
  • 1796Marianne de Tavel épouse Louis de Buren : le château entre dans la famille de Buren, qui l’habite encore aujourd’hui.
  • 1802Révolte des Bourla-Papey (« brûle-papiers » en patois). De février à mai, des paysans vaudois, furieux du rétablissement des redevances féodales, envahissent les châteaux pour y brûler les registres qui fixaient leurs dettes envers les seigneurs. Les archives de La Sarraz, Bière, Morges, Rolle ou Yverdon partent en fumée. Le mouvement obtient gain de cause : le 29 septembre 1802, les droits féodaux sont abolis. Le château de Denens est lui aussi visité par les insurgés.
  • Début du XXᵉ siècleAlfred de Buren, arrière-grand-père de l’actuel châtelain, transforme une partie des champs en vignoble.
  • 2014Le domaine passe à la culture biologique (Bio Suisse).
  • Aujourd’huiFélix et Youri de Buren représentent la septième génération à vivre au château. Le domaine produit vins et miels bio, accueille des hôtes dans ses chambres et organise des événements.
    Le Château aujourd’hui
    Le Château aujourd’hui

Anecdotes

Napoléon et le bailli. Ludwig de Buren, dernier bailli bernois de Lausanne, avait recruté des soldats pour la France et aurait aidé un jeune officier nommé Napoléon Bonaparte à Toulon. Napoléon lui rendit visite en 1797 au château Saint-Maire, à Lausanne.
Les « Fouta-Renailles ». C’est le surnom des habitants de Denens : selon la tradition, ils devaient battre les marais de la plaine de la Vogeaz pour faire taire les grenouilles et laisser dormir leur seigneur.
Un blason disputé. Créées en 1920 pour une médaille offerte aux soldats mobilisés, les armoiries de Denens reprennent des armes retrouvées au château. On débattit longtemps : merle ou corbeau ? Le corbeau l’emporta.
Capitale mondiale de l’épouvantail. En 1995, les vignerons organisent la première fête de l’épouvantail. Devant le succès, Denens se proclame « Capitale mondiale de l’épouvantail », un titre que personne ne lui a jamais contesté.
Jamais assiégé. Malgré ses fortifications, le château n’aurait jamais subi de siège ni d’attaque militaire.

Le vignoble

La vigne est cultivée à Denens depuis le XIᵉ siècle : le document de 1005 cite déjà des vignes autour de la maison forte, et l’aquarelle d’Albrecht Kauw montre au XVIIᵉ siècle le château entouré de ceps. Au début du XXᵉ siècle, Alfred de Buren replante une partie des champs en vigne ; Pierre de Buren modernise ensuite le domaine et ses méthodes de production, jusqu’au passage au bio en 2014. Aujourd’hui, Chasselas, Pinot noir, Merlot et nos spécialités se dégustent à la cave du château.

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